Évitez la surchauffe avec… les acides aminés !
par Ralph Schnitzler, ND
Quand le thermomètre grimpe…
Le stress thermique peut causer de graves dommages corporels via des perturbations du métabolisme, la libération d’hormones du stress ou encore la contraction des vaisseaux sanguins compromettant la bonne oxygénation des organes. La chaleur excessive affecte aussi la muqueuse intestinale via une hypoxie locale et de l’hyperméabilité; cela perturbe l’absorption des nutriments et favorise la translocation d’endotoxines dans la circulation sanguine. Surviennent aussi divers problèmes de toxémie, de réactions immunitaires, ou encore de carence micro-nutritionnelle. Au niveau cellulaire, c’est l’état d’alerte : les protéines voient leur structure – et donc leur fonction - s’altérer, les espèces réactives de l’oxygène (ROS) augmentent, et les processus inflammatoires s’emballent. Pour les personnes âgées avec de moins bonnes capacités physiologiques à maintenir leur homéostasie, le stress thermique est donc encore plus dangereux.
Stratégies nutritionnelles protectrices
Des solutions diététiques peuvent aider à contrer les effets du stress thermique et, outre une hydratation suffisante en eau plate, la plus évidente est de privilégier les fruits et légumes riches en eau ; Évitez les diurétiques : fenouil, asperges, etc. mais aussi sucre, alcool et café. Les poissons et viandes maigres seront plus légers sur la digestion et pour optimiser son régime, il est recommandé de supplémenter ponctuellement : son hydratation avec des électrolytes, le meilleur étant le plasma marin riche en oligo-éléments ; ainsi que son alimentation en L-glutamine et plus largement en acides aminés.
· Acides aminés : une nutraceutique ciblée pour la prévention des coups de chaleur
Les personnes exposées à un stress thermique pourraient bénéficier de compléments alimentaires à base d’acides aminés car ces micronutriments fonctionnels antioxydant et antiinflammatoires peuvent atténuer les effets du stress thermique. Glutamine, taurine, arginine, cystéine, leucine, lysine, glycine, et d’autres substances naturelles comme le colostrum, l’extrait de membrane d’œuf, la bétaïne ou encore la l-théanine peuvent renforcer la barrière intestinale et servir à des fins préventives contre les troubles, voire les décès, liés à la chaleur.
Réduire le stress oxydatif lié aux températures élevées
L’un des premiers dommages liés au stress thermique est le stress oxydatif, surtout au niveau des organes internes comme les intestins. Les acides aminés antioxydants et osmotiques comme la l-cystéine, la l-glutamine, et la l-taurine, mais aussi la bétaïne, peuvent fortement réduire ce stress. Par exemple la cystéine et la glycine favorisent la synthèse du glutathion, clef de voute du système antioxydant du corps.
Compenser les pertes d’acides aminés liés à l’activité physique et au stress thermique
Lors d’un effort physique en situation de forte chaleur, les taux de glutamine et d’albumine sériques chutent significativement (jusqu’à 30% pour la glutamine) ce qui affaiblit la barrière intestinale et favorise l’inflammation, des troubles digestifs, ou même un coup de chaleur en partie dus à l'hyperméabilité intestinale induite, source de toxémie. L’albumine sérique est un puissant antioxydant et le principal régulateur de la pression osmotique. Quand son taux chute lors d’un stress thermique, occurrent alors une déshydratation vasculaire et des troubles de la microcirculation pouvant par exemple impacter négativement la performance physique. Le risque de mortalité est 20 fois plus élevé avec un taux bas d’albumine < 3,5 g/dl comparé à un taux normal de 5,0 g/dl.
Par ailleurs sous la chaleur, on perd non seulement des électrolytes par la sueur, mais aussi des protéines musculaires que le corps mobilise pour répondre aux besoins énergétiques, réguler l’inflammation, ou encore produire des protéines de choc thermique (par ex. HSP70) qui protègent d’autres protéines cellulaires contre les effets de la chaleur.
Hydrolysat de protéine de lactosérum (WPH) : une nutraceutique ciblée
Le WPH est un isolat de protéine de lactosérum prédigéré fournissant des peptides et des acides aminés libres à forte bio-assimilation. Ces micronutriments sont idéals lorsque l’absorption intestinale est perturbée comme en cas de stress thermique ou d’effort intense. Le WPH favorise la réhydratation cellulaire en apportant des acides aminés osmotiquement actifs qui attirent l’eau dans les cellules. Il est riche en acide glutamique et en BCAA (leucine, isoleucine, valine). Ci-après le détail non exhaustif de propriétés d’acides aminés apportés par le WPH et qui contribuent à réduire le stress thermique :
La leucine intervient dans la biosynthèse des protéines et dans la régulation de mTOR, une enzyme fondamentale dans la vie cellulaire.
La glutamine, acide aminé le plus abondant dans le plasma, est non essentiel en temps normal mais devient cruciale en période de stress car il soutient les cellules immunitaires et celles de l’épithélium intestinal, l’équilibre acido-basique, la détoxication de l’ammoniaque et l’expression des HSP. Les précurseurs de glutamine contenus dans l’WPH, notamment l’acide glutamique, renforcent les jonctions serrées intestinales et empêchent la translocation de bactéries. Chez l’humain, une dose de L-glutamine de 0,9 g/kg 2 heures avant un effort intense sous la chaleur augmente l’expression de HSP70 et diminue la perméabilité intestinale.
Taurine et cystéine sont des acides aminés soufrés indispensables au métabolisme de l’oxyde nitrique qui contribue à une bonne fonction cardio-vasculaire avec de meilleurs contractions et relaxations cardiaques, une meilleur vasodilatation. Ils ont aussi un effet positif sur le nerf vague qui facilite le repos et la récupération.
La lysine inhibe la perte de potassium et de magnésium (par l’aldostérone) en période de stress chronique. Elle a par ailleurs un effet calmant via les récepteurs à la sérotonine et pourrait préserver la fonction cardiaque.
L’arginine joue un rôle dans la production d’hormones thyroïdiennes, de GH et dans l’équilibre électrolytique.
· Bétaine et L-théanine : un duo nutraceutique complémentaire contre le stress thermique
La bétaïne est un régulateur osmotique. Elle est composée d’une structure dipolaire neutre et forme des ponts hydrogène avec l’eau. Elle augmente l’osmolalité intracellulaire, stabilise les enzymes et réduit la dépense énergétique cellulaire. Elle s’avère donc un réel soutien pour la fonction cellulaire en période de stress osmotique, notamment lors de fièvres ou de vagues de chaleur.
La L-théanine intervient comme calmant du stress global. Principal acide aminé du thé vert, elle a montré dans des études animales sur le stress thermique sa capacité à faire augmenter la hauteur des villosités intestinales, à réduire les enzymes ALT/AST (marqueurs de lésions hépatiques), activer les voies AMPK/mTOR, et stimuler HSP70. La L-théanine s’avère parmi les principes actifs calmant les plus doux et sécuritaires ; elle :
- Augmente l’albumine sérique ;
- Régule les métabolismes du glucose, des lipides et des protéines ;
- Diminue cholestérol, triglycérides, LDL et urée ;
- Et stabilise les ondes alpha cérébrales (relaxation attentive).
WPH : haute biodisponibilité pour la prévention et la régénération
Face au stress thermique, le WPH offre donc un large spectre d’actions au niveau physiologique. Il favorise la rétention d’eau dans les tissus en restaurant l’albumine sérique plus rapidement ; Il protège contre le syndrome de l’intestin perméable (leaky gut) ; il contribue à la synthèse protéique des enzymes, et il soutient la régénération tissulaire et l’immunité. Le WPH influe positivement sur divers paramètres de la pathophysiologie relative au stress thermique, notamment :
- Thermotolérance cellulaire
- Hydratation tissulaire
- Stress oxydatif
- Stabilité cardiovasculaire
- Perméabilité intestinale
- Inflammation systémique
- Équilibre immunitaire
- Motivation centrale (cerveau)
Associé à la bétaïne et à la l-théanine, l’hydrolysat de protéine de lactosérum procure donc une solution micronutritionnelle de terrain pour appréhender de manière holistique les risques encourus en cas de fortes chaleurs.
Références
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